L’arrivée de l’été et l’allègement de l’activité lié aux vacances scolaires constituent souvent une période propice pour répondre à certaines demandes en attente, accompagner les familles et développer des actions de prévention.
C’est aussi l’occasion d’investir un dispositif encore parfois méconnu : le Bilan de prévention et d’accompagnement parental (BPA).
Le BPA : une avancée portée par la FNO
La Fédération nationale des orthophonistes a défendu et obtenu la création du Bilan de prévention et d’accompagnement parental (BPA), instauré par l’avenant n°19 et applicable depuis octobre 2022.
Cet acte constitue une avancée importante pour la profession : il s’agit du premier acte de prévention officiellement reconnu et financé, inscrit dans la nomenclature des orthophonistes.
Il permet de valoriser une expertise que les orthophonistes mobilisent depuis longtemps auprès des familles : informer, conseiller, orienter et prévenir l’aggravation de certaines difficultés.

Quand proposer un BPA ?
Le BPA est actuellement destiné aux enfants jusqu’à 16 ans inclus. Une demande d’extension au-delà de 16 ans est portée auprès de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).
Il peut être réalisé lorsque l’orthophoniste estime qu’un bilan orthophonique diagnostic n’est pas la réponse la plus adaptée à la situation et que des conseils, un accompagnement parental ou une orientation suffisent à ce stade. Il constitue ainsi une alternative pertinente aux conseils téléphoniques personnalisés jusqu’à présent non valorisés, ou à la réalisation d’un bilan complet lorsqu’il n’est pas nécessaire.
Ce temps d’échange permet d’accompagner les familles, de transmettre des recommandations adaptées et d’orienter si besoin vers les professionnels ou structures les plus pertinents.
Comment le facturer ?
Le BPA est coté AMO 20, soit 52 €.
Il correspond à un rendez-vous de courte durée, sans passation d’épreuves formelles. Une prescription médicale classique (« bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire ») est requise, sauf dans les situations où l’accès direct est possible.
Contrairement à un bilan orthophonique, aucun compte-rendu n’est attendu. Une note synthétique doit toutefois être rédigée et transmise au médecin prescripteur ou au médecin traitant en cas d’accès direct. Cette note mentionne la plainte initiale, les conseils apportés et les éventuelles orientations proposées.
Quelques points de vigilance
→Conformément à l’avenant n°19, un BPA ne peut pas être suivi directement de séances de rééducation orthophonique.
En revanche, aucun délai minimum n’est prévu avant la réalisation d’un bilan orthophonique diagnostic si l’évolution de la situation du patient le justifie ultérieurement.
Un outil au service des patientes, des patients… et de la profession
Le BPA contribue à améliorer la pertinence du recours aux soins orthophoniques en apportant une réponse adaptée lorsque le conseil et l’accompagnement suffisent. Il permet également de reconnaître et valoriser une dimension essentielle de notre exercice : la prévention.
La FNO poursuit son engagement pour renforcer cette reconnaissance, notamment en portant la création de séances de suivi post-BPA et l’extension de cet acte aux patients adultes.
