Vous nous interrogez sur le dispositif POPPINS Clinical et sur les conditions dans lesquelles il peut être prescrit. Voici les éléments dont nous disposons à ce jour. Si d’autres questions arrivent, nous pourrons y répondre et compléter ce texte.
Pour rappel, la FNO n’a aucun lien d’intérêt avec la société POPPINS et intervient ici exclusivement dans le cadre de sa mission d’information en tant que syndicat représentatif de la profession.
POPPINS Clinical a obtenu de la Haute Autorité de santé (HAS) un avis favorable à une prise en charge anticipée par l’Assurance Maladie via un dispositif récemment créé pour encourager l’innovation dans les domaines de la santé.
Les critères utilisés dans l’étude sont les suivants :
- Diagnostic confirmé de trouble d’apprentissage avec déficit de lecture (dyslexie) selon les critères du DSM-5-TR (score de test de lecture et/ou de transcription inférieur d’au moins 1,4 point du 20ème percentile et inférieur au 10ème percentile sur ces deux tests).
- Enfant âgé de 7 à 11 ans et scolarisé en classe de CE1 à CM2.
- Français en langue maternelle (bilinguisme à domicile admis).
- Scolarité d’au moins 3 ans en France.
- Accès à un smartphone ou une tablette tactile.
Les critères d’exclusion sont les suivants :
- Enfant ayant déjà participé au programme clinique de POPPINS / MILA-LEARN.
- Enfant bénéficiant d’une rééducation des troubles de la communication et du langage écrit à raison d’une séance hebdomadaire depuis plus de deux ans.
- Enfant ayant une maladie chronique non stabilisée, enfant ayant un trouble du spectre autis tique, enfant ayant un déficit intellectuel documenté.
- Enfant ayant une déficience visuelle ou auditive empêchant l’utilisation du dispositif.
- Enfant participant à d’autres études interventionnelles pouvant affecter les résultats de l’étude.
L’intérêt du dispositif n’est démontré qu’en complément d’un suivi orthophonique. La HAS précise que les troubles concernés nécessitent une prise en charge globale, individualisée avec un suivi étroit par un orthophoniste. S’il est proposé, POPPINS ne doit l’être qu’en adjuvant, afin de favoriser un entraînement régulier et encadré. En conséquence, son utilisation doit s’inscrire dans le cadre d’une prise en charge orthophonique structurée.
La mention de « deux séances mensuelles » correspond au protocole de l’étude sur laquelle repose l’avis de la HAS, protocole qui a été repris dans le décret de la DSS.
Pour toutes et tous les patient·es “entrant dans le protocole” c’est à dire qui démarre une utilisation de POPPINS suivant une prescription, les séances d’orthophonie doivent se limiter à 2 séances par mois pour le trouble du langage écrit. Si le·a patient·e est suivi·e pour un autre trouble, une prise en soins pour ce trouble est possible sans contrainte en termes de fréquence des séances. Néanmoins, comme vu plus haut, plusieurs troubles ou contraintes sont incompatibles avec les indications de cette solution numérique. La fréquence des séances reste déterminée par les besoins du patient et par votre appréciation clinique mais doit respecter ce cadre.
La prescription est ouverte aux orthophonistes ainsi qu’aux médecins habilités à prescrire un bilan orthophonique. Vous pouvez donc prescrire POPPINS Clinical si vous estimez que le dispositif est pertinent pour votre patient. La prescription peut être établie sur papier libre ou sur votre ordonnancier.
Elle doit notamment comporter :
- Nom, prénom et adresse du praticien
- Numéro ADELI / RPPS
- Date, signature et tampon
- Identité du patient
- Durée de prescription (3 mois pour une primo-prescription)
Pour les questions pratiques concernant notamment le fonctionnement de l’application, l’accès des familles, la facturation du dispositif ou le suivi des données, nous vous invitons à vous rapprocher directement de Poppins, qui est l’interlocuteur compétent sur ces aspects.
L’accord des deux parents n’est pas nécessaire et l’avis de la HAS n’impose pas d’engagement formel particulier de leur part. Le dispositif repose toutefois sur un entraînement régulier et encadré : il est donc utile d’en échanger avec la famille lors de l’élaboration du projet thérapeutique et de rappeler les conditions d’utilisation permettant d’en attendre un éventuel bénéfice.
Nous rappelons également que la prescription de ce dispositif relève de votre décision clinique. Vous restez libre de le prescrire ou non. De la même manière, lorsqu’il a été prescrit par un médecin, son intégration au suivi orthophonique ne s’impose pas à vous. POPPINS Clinical n’a vocation à trouver sa place dans la prise en soin que s’il est cohérent avec le projet thérapeutique que vous avez défini et si vous estimez son utilisation pertinente pour le patient.
Enfin, certaines données restent encore attendues, notamment concernant la compréhension en lecture, la qualité de vie des enfants et le stress parental. Ces éléments étant essentiels dans la prise en soin globale de nos patientes et nos patients, nous serons plus que attentifs lors de leur publication
Nous restons par ailleurs vigilant·es face au risque que POPPINS Clinical soit prescrit par un médecin en amont de tout accès à l’orthophonie, alors même que son intérêt a été démontré en complément d’une prise en soin orthophonique et que sa prescription n’est rendue possible que si un diagnostic orthophonique a été posé. Si vous rencontrez ce type de situation, n’hésitez pas à nous la signaler.
