L'accès à la totalité de l'article est réservé aux adhérents
S'identifier - Pourquoi adhérer ?
AccueilActualitésVie syndicale

2021, l’année de la prévention ? l’édito d’Anne Dehêtre

2021, l’année de la Prévention ?

 

Édito paru dans le n°405 (janvier 2021) du magazine L’Orthophoniste

Au nom de toutes les représentantes et de tous les représentants des syndicats de la fédération qui œuvrent sur le territoire, en métropole et dans les territoires d’outre-mer, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2021.

Ensemble, en 2020, nous avons su affronter l’épidémie et mettre en place des moyens particulièrement innovants pour continuer à assurer la continuité des soins pour les patients, tout en garantissant leur protection et la nôtre. Que ce soit en cabinet libéral, en structure, à l’hôpital, les orthophonistes ont su, dès qu’ils et elles en ont eu les moyens, protéger les personnes, patients et familles, proches, aidants, en mettant en place gestes barrières, mesures de protection et d’hygiène.

L’adaptation fut rapide et a permis la réouverture de toutes les structures de soins dans lesquelles nous exerçons.

Les orthophonistes veulent maintenant aller plus loin dans la prévention et dans leur participation active à la crise sanitaire inédite que nous traversons.

La FNO réclame donc que tous et toutes les orthophonistes qui le souhaitent puissent prendre part aux campagnes de dépistage massif de la Covid-19. Nous travaillons quotidiennement sur la sphère orobuccofaciale, nous serions donc tout à fait habilités à réaliser les prélèvements dans la bouche et dans le nez.

De même nous devons être des professionnels de santé en mesure de garantir aux patients la non transmission d’une maladie quand celle-ci peut être évitée. C’est pour cela que la FNO se bat depuis des années pour obtenir la gratuité du vaccin contre la grippe.

Aujourd’hui, nous réclamons que les orthophonistes fassent partie des professionnels prioritaires pour la vaccination anti-Covid. Nous avons été entendus, car toute la profession doit faire partie de la seconde phase du plan de vaccination quand celui-ci pourra être élargi.

Et nous devons aussi participer à l’information des patients sur la prévention de l’épidémie, ainsi que

sur tous les moyens pour se faire : l’information sur les gestes barrières, sur les mesures d’hygiène, nous les prodiguons déjà. Mais nous devons aussi être impliqué·e·s, comme les autres professionnels de santé, à l’information sur la vaccination et ses bénéfices. Aujourd’hui, associée aux tests de dépistage, la vaccination semble être un des moyens de sortir de la crise sanitaire dans laquelle nous nous trouvons, un des moyens aussi d’éviter un reconfinement important, nuisible aux patients mais aussi à tous les acteurs de la société et à tous les citoyens et toutes les citoyennes.

C’est pourquoi la FNO s’est associée au mouvement Ensemble – Prévention – Covid (www.opinion-internationale.com/ensemble-prevention-covid) pour alerter les pouvoirs publics que la prévention est l’affaire de chacun et de chacune et que seul un mouvement collectif d’ampleur pourra nous permettre de sortir de cette crise sanitaire et de prévenir d’autres épidémies…

C’est ensemble que nous sortirons de cette crise, ensemble que nous en préviendrons d’autres, n’hésitez pas à signer la pétition sur la page Ensemble – Prévention – Covid !

Covid : où se faire vacciner ?

Où se faire vacciner ?

La FNO relaye les informations collectées, aux niveaux national, régional et départemental

La vaccination est ouverte aux orthophonistes volontaires de plus de 50 ans ou présentant des comorbidités avec risque de forme grave de COVID-19. Si vous êtes concerné·e, vous pouvez vous faire vacciner dès à présent dans un des centres de vaccination ouverts.

La FNO a missionné ses syndicats régionaux et les URPS orthophonistes pour établir la liste de ces centres, en France métropolitaine et outre-mer. Nous mettons à votre disposition une carte qui recense toutes ces informations. Elles sont complétées par les données du sites Santé.fr.

Voir en plein écran

Cette carte est en cours de construction : nous mobilisons tou(te)s les représentant (e)s de la FNO dans les territoires pour que les informations soient mises à jour avec les derniers éléments du terrain et les données fournies par le ministère de la Santé, les ARS et les communes.

Vous pouvez participer à sa mise à jour : si vous avez connaissance de l’ouverture de nouveaux centres qui ne figureraient pas sur les listes transmises par les tutelles, contactez-nous par courriel.

2020, une année compliquée : l’édito d’Anne Dehêtre

2020 : Une année bien compliquée…
Mais pleine de rebondissements !

 

Édito paru dans le n°404 (décembre 2020) du magazine L’Orthophoniste

2020 a été une année plus que difficile.

Après un premier trimestre maussade, l’arrivée de l’épidémie du coronavirus en France nous a, tous et toutes, plongés dans l’inquiétude et les craintes pour notre exercice professionnel, pour notre avenir mais aussi celui de nos enfants, de nos proches et de nos patients.

Nous avons fait le triste constat que du jour au lendemain, notre activité entière pouvait s’arrêter. Nous avons fait le choix de sacrifier celle-ci au bénéfice des soignants qui voyaient des malades de la Covid, nous avons fait le choix de donner tout notre matériel de protection à ceux qui en manquaient.

Nous avons ainsi participé à l’effort collectif massif qui était demandé, qui était nécessaire pour essayer de soigner les nombreux patients atteints, mais aussi pour prévenir la diffusion de l’épidémie et protéger celles et ceux qui n’étaient pas atteints.

Les orthophonistes ont en cela joué leur rôle de professionnels de santé responsables et en coopération, en coordination avec les autres professionnels de santé et un gouvernement qui, s’il peut être débordé, n’en essaye pas moins de faire face, avec les moyens qu’il a mis en place, avec les moyens existants qui, nous l’avons déjà souligné et pointé, sont les fruits d’une politique de santé trop peu ambitieuse sur la prévention.

Nous espérons que cette année 2021 sera l’occasion pour nos tutelles, le ministre de la santé et le directeur de l’assurance maladie de reconnaitre ce rôle essentiel que les orthophonistes ont aussi joué dans la lutte contre l’épidémie. Les autorités doivent maintenant entériner la confiance qu’elles nous ont accordée tout au long de cette année et ne plus hésiter à reconnaitre l’ensemble des missions qui sont les nôtres.

Alors que la prévention apparait comme un atout majeur et un enjeu incontournable de la Santé en
France, celle-ci doit bien sûr être considérée comme une mission à part entière, un acte essentiel de la pratique professionnelle de tous les soignants et de toutes les soignantes en France. La coopération entre professionnel·le·s de santé, la coordination de toutes nos actions, de nos soins doivent aussi être reconnues et non plus seulement constatées et souhaitées par nos interlocuteurs. Et pour que nous soyons des acteurs encore plus efficaces, pour que nous puissions chaque jour jouer ce rôle préventif à tous les niveaux et, chacun et chacune dans notre champ de compétences, ces missions doivent être rémunérées.

A l’heure où s’ouvrent toutes les négociations conventionnelles, en mono ou en interprofessionnel, le ministère de la santé, l’assurance maladie doivent se saisir de cette opportunité et ne pas hésiter à valoriser financièrement l’acte de prévention et la coordination des professionnel·le·s de santé autour du patient.

Alors pour Noël, ce n’est pas un cadeau que nous attendons, mais la juste reconnaissance des missions essentielles qui sont les nôtres et qui ne s’arrêtent pas aux actes de soins.

Voeux d’Anne Dehêtre, présidente de la FNO

Cher·es collègues,

Au nom de tout le bureau national, je vous souhaite une très belle et heureuse année 2021.

Ensemble, nous avons su relever de nombreux défis en 2020, faire face à des événements imprévus, à cette épidémie. Ensemble, nous avons su organiser une nouvelle manière de travailler, d’exercer l’orthophonie.

Nous avons aussi su nous réunir malgré tout, et trouver les moyens de défendre notre profession, nos collègues, et nos patients.

Tout n’a pas été simple mais nous y sommes arrivé·es !

Alors en 2021, nous saurons encore nous dépasser pour atteindre nos objectifs !

Je vous transmets donc nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année, avec de la joie et de belles réussites, à la fois personnelles et professionnelles.

Bonne année à tous et à toutes !

Anne Dehêtre
Présidente

Orthophonistes salarié·es du secteur privé : où en est-on ?

Orthophonistes salarié·es du secteur privé : où en est-on ?

 

Dans un contexte de revalorisation salariale dans le secteur public et de refonte annoncée de plusieurs conventions, la FNO poursuit le dialogue avec les employeurs du secteur privé et reste vigilante.

Les élu·es de la FNO ont rencontré les représentants des employeurs de la Convention Collective Nationale 66 (Nexem), de la Croix-Rouge et de la CCN 51 (Fédération des Établissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne privés non lucratifs, FEHAP) afin d’évoquer la rémunération et le statut des orthophonistes salarié·e·s.

Plusieurs annonces fortes ont été faites.

 

CCN 66

Le calendrier des négociations a pris du retard en raison d’obligations légales et du confinement mais le Ségur de la santé a relancé le processus ; la première séance de négociation s’est déroulée début septembre entre Nexem et les centrales syndicales (CFDT, CGT, Sud, FO, CFTC).

Face à l’exclusion actuelle du secteur privé des mesures de revalorisation salariales issues du Ségur de la santé et face aux incertitudes de la transposition future de ces mesures, la FNO a demandé des garanties par rapport aux engagements déjà affichés par Nexem lors des trois derniers rendez-vous.

Nexem réaffirme à la FNO que la nouvelle rémunération tiendra compte du niveau d’études et affiche une volonté de recruter des salarié·e·s dans ses établissements.

 

Croix-Rouge française

Suite à l’obtention par les orthophonistes des CMPP d’Ile-de-France d’une prime mensuelle d’environ 224€ pour un équivalent temps plein (50 points BTI), la FNO a rencontré les représentants de la Croix-Rouge Française pour évoquer la revalorisation de tous leurs effectifs orthophonistes.

  • Les représentants de la Croix-Rouge Française affirment une volonté d’équité entre les orthophonistes de leurs établissements ; a minima, toutes et tous les orthophonistes de la Croix-Rouge devront bénéficier de la prime de 224€.
  • La transposition de la décision managériale qui a concerné les orthophonistes d’Île-de-France ne peut se faire selon eux qu’en intégrant la revalorisation à leurs Négociations Annuelles Obligatoires.
  • La Croix-Rouge affirme préférer recruter des orthophonistes salarié·e·s plutôt que solliciter le tissu libéral et met en avant des valeurs de travail d’équipe, de transmission d’expertise, de coordination facilitée autour des patients grâce à la présence des orthophonistes dans les établissements.

 

CCN 51

La FNO a réaffirmé une nouvelle fois les revendications de la profession : nécessité d’une grille spécifique des orthophonistes dans la CCN 51, refus d’une convention nationale comme celle signée avec l’ordre des kinésithérapeutes, refus de la sous-traitance vers le secteur libéral et dénonciation du salariat déguisé.

La FEHAP a annoncé que le futur système de classification et des rémunérations intégrera un parcours professionnel de compétences qui permettra d’évoluer au sein de son métier sur le plan salarial en tenant compte de la reconnaissance des compétences et de l’ancienneté. Par ailleurs, la FEHAP est actuellement en pourparlers avec le ministère de la santé au sujet de l’application des mesures salariales du Ségur pour faire en sorte que l’ensemble de leur personnel puisse en bénéficier ; le ministère impose actuellement une transposition dans les mêmes conditions que dans le public, entraînant des inégalités fortes entre salarié·e·s (seuls les personnels des établissements sanitaires et des EHPAD sont pour le moment concernés : les professionnel·le·s des Etablissements et services Sanitaires et Médico-sociaux ou d’autres structures sont donc exclu·e·s).

La FNO reste vigilante pour que les orthophonistes soient valorisé·e·s dans la nouvelle classification de la CCN51 et que les postes d’orthophonistes salarié·e·s soient pérennes car le ministère a déjà annoncé à la FEHAP qu’il refusait l’octroi d’une enveloppe budgétaire supplémentaire pour cette refonte de convention qui se ferait donc à coûts constants.

 

15 octobre : communiqué de l’intersyndicale

Étudiant·es et orthophonistes mobilisé·es le 15 octobre

Communiqué de presse

Nous avons pris connaissance de l’appel à la mobilisation prévue le 15 octobre.

Force est de constater que le gouvernement ne répond pas à nos demandes, conditions indispensables pour faire face aux difficultés d’accès aux soins en orthophonie, qui sont déjà connues et défendues depuis trop longtemps :

Pénurie d’orthophonistes en particulier en salariat créant une inégalité de soins

Pénurie de lieux de stages pour les étudiant·es

Menace sur la pérennité des postes dans les hôpitaux en lien avec les décrets publiés le 11 juin et le 3 septembre permettant les licenciements, la multiplication des postes précaires alors que nous sommes en pleine épidémie !

Tout le monde connaît les conséquences de cette situation pour la qualité et la qualité des soins auprès des patients, de leur famille, les répercussions sur l’exercice libéral et la qualité de la formation clinique.

Pour toutes ces raisons les organisations CFTC, CGT, FNEO, FNO et FOF appellent l’ensemble des professionnel·les et des étudiant·es à se joindre aux initiatives locales et nationales le 15 octobre.

Nous rappelons nos demandes :

  • Création d’un corps des orthophonistes de la Fonction publique hospitalière
  • Une carrière linéaire avec une réelle évolution de salaire
  • Un nouveau bornage indiciaire de 490 à 1 067
  • Le dégel du point d’indice et l’attribution immédiate du Complément de Traitement Indiciaire (CTI – 183€) à toutes et tous les professionnel·les de santé (rappelons que notre puissante mobilisation du 16 juin a contraint le Gouvernement à octroyer ce CTI)
  • Matériel de protection gratuit (masques, gel…) pour tous les étudiant·es et les professionnel·les

La FNO soutient la mobilisation le 15 octobre !

Les accords du Ségur sont décevants pour notre profession et la revalorisation salariale annoncée ne permet pas de reconnaître notre niveau d’études et de responsabilités ni ne correspond aux salaires de nos homologues européens.

La FNO poursuit donc ses actions auprès du Ministère et des centrales syndicales à qui la FNO a transmis à plusieurs reprises les revendications de la profession.

La FNO soutient le mouvement de grève et de mobilisation du 15 octobre prochain afin que nos revendications soient à nouveau entendues !

 

La FNO réaffirme que :

  • Les revalorisations salariales doivent concerner TOUTES et TOUS les orthophonistes, qu’ils ou elles exercent dans le public, le privé, en centre hospitalier ou en ESMS, sur tout le territoire métropolitain et ultra-marin
  • Les valeurs et l’éthique du service public, portées par la FNO, ne doivent pas être sacrifiées au profit de la rentabilité et de la mise en concurrence des salarié·es
  • Des lois et règles identiques sont nécessaires pour tous et toutes sur tout le territoire

Mobilisons-nous le 15 octobre pour défendre notre profession !

Message de solidarité avec nos collègues des Alpes Maritimes

Message de soutien et de solidarité à tous nos collègues des Alpes Maritimes

La FNO s’associe au syndicat régional, le SDORPACAC, pour vous assurer de notre soutien dans ces moments éprouvants et particulièrement difficiles à vivre et à gérer dans votre vie personnelle mais aussi professionnelle.
Les représentant·es du SDORPACAC nous ont déjà informé·es de certaines situations difficiles. Nous tenons à vous assurer que nous mettrons tout en œuvre pour aider les collègues qui en ont ou qui en auront besoin, que ce soit au niveau de votre quotidien, ou de votre exercice professionnel.
N’hésitez donc pas, syndiqué·es ou non syndiqué·es, à vous adresser à vos représentant·es régionaux·ales ou à vos représentant·es nationaux·ales si vous rencontrez des difficultés administratives ou financières.
N’oubliez pas qu’une aide financière d’urgence peut aussi être délivrée par la Carpimko sur demande ainsi qu’un report de vos cotisations en cas de difficultés de paiement.
Au nom de tout le conseil d’administration de la FNO, en mon nom personnel, je vous assure de notre soutien et vous assure que nous soutiendrons toutes les actions qui pourront aider tous les collègues qui en auraient besoin. Je remercie aussi l’équipe régionale et l’équipe départementale qui apportent d’ores et déjà des réponses très concrètes sur le terrain.
Bien confraternellement,
Anne Dehêtre
Présidente de la FNO

La FNO agit : point d’étape rentrée 2020

Lors de cette rentrée professionnelle, votre syndicat poursuit ses actions :
Voici un premier point d’étape.

 

Après le « Ségur » de la santé, le constat partagé par tous les acteurs du monde de la santé est celui de l’inachevé.

Bien entendu, ces débats et concertations ont eu lieu dans un contexte très particulier et anxiogène de crise sanitaire majeure mais les problèmes de fonds et leurs solutions pragmatiques ne doivent pas être oubliés, ni enterrés sous 33 mesures qui ne correspondent pas pour nombre d’entre elles aux exigences de la réalité du terrain.

Il y a urgence ; les enjeux sont historiques pour notre système de santé et pour notre profession.

La FNO s’appuie sur la richesse et la diversité de ses administrateurs et administratrices, travaillant dans tous les territoires, sous de multiples modalités (exercice libéral en solo, en cabinet de groupe, en maison de santé, salariat en structure hospitalière, médico-sociale publique ou privée ou en exercice mixte) et ayant des visions et des souhaits complémentaires de notre système de santé, pour construire des dossiers complets et argumentés qu’elle présente aux partenaires institutionnels (ministères, représentants des employeurs, assurance-maladie, partenaires des autres professions de santé…) pour améliorer les rémunérations et les conditions d’exercice des orthophonistes, en salariat et en libéral. Obtenir des rémunérations justes est vital pour les orthophonistes, actant la reconnaissance de notre identité professionnelle spécifique reposant sur notre haut niveau d’autonomie et d’expertise. Il est temps de s’affranchir du carcan imposé par une vision verticale et hiérarchique du monde de la santé.

La FNO poursuit les négociations concernant les rémunérations des orthophonistes et leurs conditions d’exercice, quelle que soit leur activité, en salariat ou en libéral.

 

Une action dans la durée et dans la continuité

La FNO a participé aussi activement que possible, en assumant ses responsabilités de seul syndicat représentatif de la profession, à la concertation proposée dans le cadre du Ségur, dans les conditions de restriction de participation des acteurs du système de santé qui lui ont été imposées. Elle a élaboré des propositions propres (en accord avec les orientations de ses adhérents) et participé à la rédaction des propositions communes aux professions de santé.

La FNO défend, depuis de nombreuses années, une revalorisation de la rémunération des orthophonistes qui tienne compte de l’évolution des études et du métier : 4 puis 5 années d’études universitaires, s’accompagnant d’une augmentation du niveau de responsabilités, de l’autonomie diagnostique et des choix thérapeutiques s’inscrivant dans une notion de profession aux pratiques avancées.

La FNO défend un modèle d’organisation des soins qui respecte plusieurs principes forts issus des ordonnances à l’origine de la création de l’assurance maladie : préservation de la démocratie sanitaire à tous les niveaux du système de santé, libre choix du professionnel de santé par le patient et égal accès aux soins pour tous sur tout le territoire.

C’est à l’aune de ces valeurs qu’une longue série d’actions et de propositions ont été faites en amont du Ségur de la santé.

 

Pour l’exercice salarié

La FNO demande régulièrement  des rendez-vous au ministère de la Santé et à celui de la Fonction Publique et y défend ses revendications. Les ministères et leurs équipes  connaissent la problématique des orthophonistes salariés. Mais en refusant d’accéder à nos revendications, il exprime sa volonté politique de laisser les orthophonistes dans le groupe des rééducateurs, hiérarchiquement subordonné au corps des cadres, ce qui bloque la situation.

Les grandes centrales syndicales doivent être nos premiers alliés pour porter nos revendications car elles sont les seuls interlocuteurs représentatifs des salariés dans les établissements et interlocuteurs officiels du gouvernement dans les négociations sur les salaires et le statut des orthophonistes salariés.

Depuis des années, notamment au sein de l’intersyndicale des orthophonistes, la FNO transmet aux grandes centrales les revendications spécifiques de la FNO, pour les orthophonistes salariés. Ces revendications précises sont discutées puis adoptées par ses administrateurs et administratrices, représentant toutes les régions de France. Elles sont transmises régulièrement aux grandes centrales, à chaque occasion (avant la tenue de conseils supérieurs de la Fonction Publique Hospitalière par exemple).

En outre, la FNO rencontre les employeurs du secteur privé (Nexem…) afin de porter ces revendications à leur connaissance.

Après des mois de mouvement social dans le monde de la santé en 2019 et 2020, le ministère, en pleine crise Covid-19, lance le Ségur de la santé, une concertation nationale censée réunir les partenaires sociaux historiques (grandes centrales et Fédération Hospitalière de France) et adjoint aux groupes de travail un certain nombre d’autres organisations (syndicats professionnels, collectifs, Association des Maires de France, associations d’étudiants, employeurs du secteur privé, représentants des professions libérales…) dont la Fédération Française des Praticiens de Santé (FFPS), intersyndicale des praticiens de santé libéraux. La FNO, invitée à la conférence de lancement, a ensuite été exclue des négociations salariales.

Les centrales syndicales siégeant à la table des négociations (CGT et FO notamment) avaient alors pour mission de porter la problématique des orthophonistes.

 

Pour l’exercice libéral

Initialement, le Ségur de la Santé n’avait pas vocation à traiter les problématiques des professionnels de santé libéraux. Pourtant depuis de longues années, les acteurs des soins de ville sont au cœur des diverses réformes proposées par les gouvernement successifs). Sous la pression des organisations syndicales représentatives, un pilier du Ségur a été consacré à l’organisation territoriale des soins qui s’appuie sur le maillage des libéraux et surtout sur les nouveaux modèles de coordination (Communautés Professionnelles Territoriales de Santé, Maisons de Santé Pluridisciplinaires…) qui prennent le pas sur un exercice plus individuel (qui n’empêche en rien l’interdisciplinarité).

La FNO a pris part aux demandes répétées de l’intersyndicale (Fédération Française des Praticiens de Santé) pour que les libéraux de santé « non médecins » puissent siéger aux différents comités du Ségur et a soumis des propositions spécifiques.

Dans un même temps, la FNO a élaboré et soumis des propositions spécifiques concernant les problématiques des orthophonistes dont les sujets majeurs sont l’accès aux soins orthophoniques et la rémunération de ces soins.

Par ailleurs la FNO, dans le cadre de son mandat interprofessionnel au sein de l’Union Nationale des Professionnels de Santé a également participé à l’élaboration de propositions communes.

L’ensemble de ces revendications est précisé plus bas.

 

Historique du Ségur de la santé

  • 14 mai 2020 : annonce d’Emmanuel Macron concernant la reconnaissance et la revalorisation des personnels hospitaliers
  • 17 mai : annonce par Olivier Véran de l’ouverture d’une concertation avec les acteurs du système de santé à la FNO envoie le jour même un courrier au ministre
  • 18 mai : réunion de l’intersyndicale des orthophonistes salarié·e·s (FNO, CGT, CFTC, FO et FNEO) sur nos revendications spécifiques
  • 25 mai : lancement du Ségur à la FNO est présente.

 

Méthodologie du Ségur de la santé

4 piliers :

  • Transformer les métiers et revaloriser ceux qui soignent
  • Définir une nouvelle politique d’investissement et de financement au service des soins
  • Simplifier radicalement les organisations et le quotidien des équipes
  • Fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers

L’animation est confiée à Nicole Notat pour piloter différents travaux issus :

  • d’un comité national, chargé des concertations sur l’ensemble des thématiques, lancé le 26 mai
  • des groupes de travail nationaux sur chaque pilier, également engagés le 26 mai
  • des retours d’expérience territoriaux, lancés le 29 mai, pour partager des propositions concrètes
  • d’une consultation en ligne, du 8 au 22 juin, pour recueillir l’avis des professionnels des secteurs sanitaires et médico-sociaux, en ville ou en établissement, sur l’ensemble des thématiques

Chaque pilote de pilier réunit autant que nécessaire le groupe de travail constitué des organisations désignées au lancement du Ségur.

Ces groupes de travail tentent de s’accorder sur des « recommandations » à émettre autour des thèmes des 4 piliers.

Ces recommandations sont issues des discussions des groupes de travail, des propositions écrites envoyées par les différents contributeurs, des résultats de la contribution publique lancée par le ministère de la Santé, et des bilatérales ou multilatérales que les pilotes ont eu avec des organisations, personnes ou associations que les pilotes ont jugés nécessaires d’interroger.

Les membres du Ségur, les pilotes ne sont pas décisionnaires ! Les recommandations finales sont livrées au gouvernement qui valide seul celles qui seront conservées.

 

Les revendications de la FNO

 

 

Qui a porté nos revendications ?

  • la FNO
  • les grandes centrales à qui nous avions communiqué nos revendications et avec qui nous avons signé un courrier commun, lors des réunions des groupes de travail du Ségur
  • la FFPS (intersyndical) et l’UNPS (interprofessionnel) lors des groupes de travail des différents piliers

 

Où en sommes-nous à ce jour ?

Pour l’exercice salarié : le 13 juillet, signature d’un accord entre le ministère et certaines grandes centrales (CFDT, UNSA et FO). Le document concerne les agents titulaires et contractuels des établissements hospitaliers et des EHPAD de la Fonction Publique Hospitalière. Le secteur privé (lucratif et non lucratif) n’est pas mentionné dans le document mais il est compris dans l’enveloppe budgétaire.

Détail de la mesure « Rémunération » :

  • création d’un « complément de traitement indiciaire » de 183€ nets/mois comptabilisé pour la retraite (+49 points d’indice supplémentaires en 2 temps, soit 90€ au plus tard sur la paye d’octobre 2020 avec effet rétroactif au 1er septembre 2020, puis 93€ à partir de mars 2021). Ce complément est loin d’être suffisant pour les orthophonistes dont le niveau des grilles ne correspond toujours pas à notre niveau d’études et de responsabilités ni aux salaires de nos homologues européens.
  • le point d’indice reste gelé ce qui pérennise la fragilisation de notre pouvoir d’achat
  • fusion du régime indemnitaire : fusion des différentes primes : nous restons vigilants sur ce dispositif censé améliorer la lisibilité de la rémunération. Le montant global initial doit rester équivalent
  • création d’une prime d’intéressement (prime au mérite en fonction des projets de service) : nous restons très prudents, en absence de détails sur son attribution et en raison des risques de fragilisation des valeurs et de l’éthique du service public : égalité sur le territoire et primat de l’intérêt en terme de santé publique (vs en terme de rentabilité)
  • revalorisation annoncée de nos grilles +35€ (en mars 2021), ce qui est inadmissible pour les professionnels et inadapté pour l’accès aux soins des citoyens
  • doublement du ratio promus/promouvables pour le passage en classe supérieure pour les titulaires (en 2020 et 2021) à passage de 11 à 22% (pour rappel, il était de 40% il y a quelques années…)
  • organisation du temps de travail : flexibilisation des emplois du temps, annualisation, reconnaissance des heures supplémentaires, accords locaux pour les plannings à risque d’inégalité entre les agents et les établissements et de dégradation des conditions de travail; risque de chantage à l’emploi, à la mutation, à la titularisation, à la prime au résultat… Nous réaffirmons la nécessité de lois et de règles identiques pour tou·te·s, sur tout le territoire

Pour l’exercice libéral : le 27 août, lettre de cadrage du Ministre de la santé au directeur de l’Union Nationale des Caisses d’Assurance-Maladie détaillant la feuille de route des prochaines négociations conventionnelles interprofessionnelles (coordination des soins) et monoprofessionnelles

Pour l’ensemble des professionnels de santé (mesures portées par la FFPS) :

  • La FFPS a porté la suppression du terme d’auxiliaire médical, la révision du calcul de l’ONDAM (en rappelant la nécessité du maintien du conventionnement national clairement financé et en dénonçant le conventionnement régional de substitution), la redéfinition de l’Equipe de Soins Primaires qui doit être centrée autour du parcours de soins du patient et favoriser une structure souple proche des réalités de terrain
  • L’UNPS a également porté la révision du calcul de l’ONDAM, mais aussi la création d’un acte spécifique pour tous les professionnels de santé libéraux d’un acte de coordination et de prévention.

 

Pour résumer

La FNO et l’ensemble de ses représentants partagent l’inquiétude des adhérent·e·s, des citoyen·ne·s et des professionnel·le·s, étant tous usagers du système de santé. Nos craintes et nos revendications sont légitimes. Les 33 mesures annoncées à l’issue du Ségur de la santé sont des pas modestes sur un chemin long et sinueux pour se rapprocher du but. En l’état, elles sont très insatisfaisantes pour les orthophonistes.

La FNO et l’ensemble de ses représentants sont inquiets pour le pouvoir d’achat des orthophonistes.

La FNO et l’ensemble de ses représentants sont inquiets pour l’accès aux soins orthophoniques et la reconnaissance des spécificités de l’orthophonie.

L’action de la FNO va donc continuer, toujours intense, en répondant aux échéances du calendrier politique et du fonctionnement institutionnel mais aussi en prenant sans cesse l’initiative.

La FNO continuera à agir pour que , grâce à votre soutien, les concertations et les négociations soient ouvertes sur tous ces thèmes. Les négociateurs de la FNO s’appuient sur la richesse et la diversité de ses administrateurs et administratrices et sur le soutien et les réflexions de ses près de 8 000 adhérent·e·s.
 

Les actions de la FNO

 


 

Les autres points de vigilance qui appellent des actions syndicales

  • Rémunération des stages : formation et indemnités pour les orthophonistes maîtres de stage et prise en charge des frais de déplacement pour les étudiant·e·s
  • Augmentation du nombre d’orthophonistes dans les établissements médico-sociaux et hospitaliers
  • Participation d’orthophonistes en plus grand nombre dans les instances et la gouvernance des hôpitaux pour valoriser notre identité professionnelle
  • Développement rapide de postes de Maîtres de Conférence des Universités et de MCU/Praticiens Hospitaliers notamment les Centres de Formation Universitaire en Orthophonie, pour les orthophonistes qualifié·e·s dans toutes les sections.
  • Obtention de la création d’un Conseil National des Universités « Sciences Orthophoniques » et de l’ouverture d’un doctorat en orthophonie
  • Accès direct au bilan orthophonique
  • Mise en valeur de l’investigation clinique en recherche pilotée par les orthophonistes
  • Reconnaissance de la place centrale des orthophonistes dans les dispositifs en direction des personnes en situation de handicap de communication

L’exercice professionnel de l’orthophonie ne peut progresser qu’en cohérence et simultanément dans ses 2 composantes, le salariat et le libéral. Nous continuerons à l’affirmer et à conduire nos actions pour que cette « identité » soit reconnue au bénéfice de nos patients et de notre exercice quotidien. L’expérience de ce Ségur nous le confirme, point de solution si on ne réfléchit pas en cohérence à toute l’organisation du système.

Une nouvelle phase d’actions commence, nous ne faiblirons ni dans notre vigilance ni dans notre détermination.

30 juin : dernière mobilisation pour peser sur le Ségur !

30 juin : dernière mobilisation pour peser sur le Ségur !

La FNO appelle à rejoindre massivement la mobilisation intersyndicale du 30 juin 2020 : un mois après le lancement de ce qui ne ressemble en rien à une négociation, aucune mesure salariale n’a été précisée pour les orthophonistes pour mettre fin à des décennies de sous-rémunération et de précarisation statutaire, situation qui s’est aggravée avec la crise sanitaire.

Comme beaucoup de professionnels, les orthophonistes ont payé un lourd tribut humain et financier pendant cette crise : fermeture des cabinets libéraux, chômage partiel, réorganisation de l’activité salariée, interventions auprès de patients atteints de Covid-19 – avec le défaut d’accès au matériel de protection que l’on connaît et les contaminations avérées.

Les premiers dispositifs d’attribution de la « prime Covid » excluent les orthophonistes salarié·e·s en raison de critères iniques, opaques et non communiqués aux salarié·e·s, discriminant la majorité de la profession qui exerce à temps non complet ou partiel, et qui attend une vraie reconnaissance salariale et statutaire depuis des dizaines d’années, pas des médailles ou des primes au mérite.

Stop aux annonces démagogiques et place aux actes ! 

Cette journée de mobilisation est à nouveau l’occasion, alors que se termine le Ségur de la santé, de défendre les valeurs que porte la FNO : notre système de santé doit être déconnecté d’une approche visant d’abord la rentabilité, l’économie, la course à l’acte, l’augmentation d’activité à moyens constants, l’uberisation de la gestion des ressources humaines et la paupérisation des professionnel·le·s.

Cette journée de mobilisation est nécessaire pour défendre les revendications des orthophonistes.

Pour les orthophonistes exerçant en salariat, nous demandons :

  • la création d’un corps des orthophonistes dans la Fonction Publique Hospitalière
  • un nouveau bornage indiciaire (490 en début de carrière-1067 en fin de carrière)
  • le reclassement des orthophonistes de la Fonction Publique Territoriale en catégorie A

Le 30 juin, les orthophonistes seront à nouveau mobilisé·e·s !